Consoude

  Usages alimentaires et thérapeutiques controversés  

Des travaux scientifiques ont mis en évidence une certaine nocivité de la consoude, jetant le pavé dans la marre des nombreux utilisateurs de cette plante fétiche.

Aucune dose létale n'a pu être raisonnablement  fixée, étant donné qu'une lésion du foie ne pourrait apparaître que pour l'absorption de quantités énormes. Or la toxicité très faible et toute relative, notamment des feuilles de la consoude officinale (d'autres plantes d'usage alimentaire ou médicinal comportent des risques au moins aussi importants), a partagé les avis: d'un côté les scientifiques au diagnostic alarmiste sans appel, de l'autre ceux qui relativisent et qui s'en remettent à l'expérience deux fois millénaire qui contredit les premiers. Il n'en reste pas moins que la commercialisation des produits contenant de la consoude à usage interne humain  a subi un coup de frein notoire  au Canada d'abord, où elle est réglementée, aux Etats-Unis et dans le reste du monde. Les utilisateurs sont désemparés.  Quelles sont les vertus et usages de cette plante et dans quelle mesure est-il prudent d'en faire usage? C'est l'objet de cette page: usages alimentaires et médicinaux, qu'ils soient destinés à l'homme ou aux animaux.

Retour à l'accueil

Sommaire de cette page :

Composition,Propriétés
Toxicité
Indications thérapeutiques
Sentiments et avis partagés
Plante fourragère
Consommation humaine

Composition, propriétés

Outre le calcium, phosphore et potassium, la consoude contient de nombreuses vitamines, métaux et oligo-éléments: vitamine A, carotène, C, B12, E, fer, silice, zinc... La silice est utilisée pour ses propriétés reminéralisantes.

L'exemple de la consoude est rare dans le monde végétal: elle est capable d'extraire la vitamine B12 du sol.Ensuite la consoude contiendrait un nombre impressionnant d'acides aminés (18) dont la méthionine, tryptophane, lysine, isoleucine, niacine, choline, acide panthoténique. Cela en fait une plante relativement riche et concentrée en protéines (jusqu'à 35 % de la matière sèche) On peut noter en vrac la présence de mucopolysaccharides, glycosides, beta-sisterol, saponines stéroïdes, triterpénoïdes.

Les mucilages sont surtout présents dans la racine. Ils confèrent des propriétés adoucissantes et expectorantes.

La présence d'allantoïne, une molécule aux fonctions simili-hormonales confèrent à la consoude des propriétés extraordinaires d'accélérateur de la multiplication cellulaire exploitées de nombreuses façons. Cette allantoïne se trouverait deux fois plus concentrée dans la racine que dans les feuilles et le cultivar Bocking 14 en contiendrait le plus. Les tiges et les nervures en contiennent une quantité intermédiaire.

La consoude n'est pas un antiseptique au sens actuel du mot, il faut comprendre cette indication plutôt dans le sens d' inhibiteur bactérien ralentissant la croissance des bactéries, ce qui a permis de l'utiliser sur les plaies ouvertes.

L'acide rosmarinique lui confère des propriétés anti-inflammatoires et antirhumatismales.

Des tannins sont à l'origine des propriétés astringentes et hémostatiques.

Et finalement la consoude contient des alcaloïdes (pyrrolizidines), et notamment de l'echimidine, le plus dangereux des alcaloïdes. La moins forte concentration se retrouverait dans les limbes des feuilles âgées, les racines concentrant 10 fois cette dose et les graines et fleurs  16 fois. Les jeunes feuilles auraient une concentration moyenne 16 fois supérieure à celle des feuilles bien étalées. La consoude officinale est à cet égard la moins offensive, l'echimidine ne s'y trouve pas de manière significative.

Retour à l'accueil

Haut de page


Toxicité

Ces alcaloïdes présenteraient des risques cumulatifs de nécrose des veines hépatiques avec un dépérissement consécutif du foie. Les dégâts seraient soient rapides ou lents et insidieux. Selon d'autres sources, ces alcaloïdes se transforment dans le foie en métabolites réagissant avec l'ADN et d'autres macromolécules,  détruisant ainsi des cellules hépatiques.

Les alcaloïdes, classés en 13 groupes suivant la similitude de leur structures qui sont très diverses, sont des dérivés d'acides aminés, donc basés sur des atomes d'azote et ayant une forte activité physiologique. Chaque groupe touche des organes précis: le foie, les poumons, les reins, le système digestif...

On a suivi un groupe de 29 personnes ayant inclu la consoude dans leur diète pendant un période de 1 à 20 ans, et aucun signe de trouble toxinal n'a été observé ( jaunissement caractéristique de la peau)

D'autres expérimentations signalent des décès...

La réalité d'une absorption systémique à travers la peau a aussi été mise en évidence. On aurait retrouvé ces alcaloïdes dans l'urine, le lait.. On déconseille fortement d'utiliser la consoude sur plaie ouverte, ce qui est une des indications majeures de la consoude.

Par ailleurs les vertus anti cancérigènes de la consoude ont été  fortement démenties par l'apparition d' adénomes hépatiques et rénaux sur les rats au bout de 180 jours de consommation exclusive de consoude.

En même temps, on apprend qu'aucune des vertus prêtées à la consoude n'aurait d'efficacité prouvée. Cela signifie, en réalité, que l'on n' a pas procédé à la comparaison en double aveugle.

Le cas très controversé de la consoude déchaîne même les passions outre-atlantique. Il suffit de faire une recherche sur comfrey pour en avoir une idée. Que peut-on en penser?
Il est à noter que les informations sont nombreuses et souvent contradictoires!

De plus, la composition est variable suivant les variétés, la partie de la plante et les conditions locales. Ensuite souvent on parle de l'extrait concentré. Ce qui jette le trouble dans les esprits.

On pourrait penser que la rigueur est de mise dans les dénominations et que les livraisons sont toujours conformes à l'étiquetage. Il n'en est rien et les confusions ne sont pas exceptionnelles même pour des spécialistes!. La consoude de russie et la consoude hérissée sont souvent vendues comme consoude officinale. (Ainsi, un pépiniériste français vend-il sur le net de la Consoude hérissée sous le nom de Consoude de Russie Bocking 14 , du moins d'après la photo jointe sur son catalogue et la description.)

A suivre!

Le Canada a instauré le premier un contrôle de sa commercialisation, ce qui signifie que les spécialités en contenant des extraits sont retirés du marché. Le syndicat des producteurs de compléments alimentaires des Etats-Unis a fait de même, ainsi qu'en Angleterre, Allemagne...

Les instances sanitaires allemandes donnent des recommandations qui me semblent raisonnables car prudentes, sans extrémisme:

En externe limiter l'usage à 4/6 semaines par an. Usage interne: 3 tasses de thé ou 2 à 4 ml de teinture de Consoude officinale, 3 fois par jour et pendant un mois par an.

Retour à l'accueil

Haut de page


Indications thérapeutiques

Il n'en reste pas moins que la consoude a été utilisée de tous temps et presque sous tous les cieux. De nombreuses citations dans les livres depuis la Renaissance en témoignent. Vers la fin du 18è siècle, elle perd un peu de sa notoriété,  mais c'est pour reprendre le devant de la scène  en Angleterre principalement dans une optique plutôt agricole.

Pour le grec Dioscoride, qui fut, il y a près de 2000 ans, attaché en tant que médecin militaire à une légion romaine, la consoude était déjà un remède merveilleux.

Pline, Paracelse et d'autres comme Hildegarde von Bingen au 11e siècle l'on utilisé.

Le sirop de consoude a fait la renommée de Fernel, célèbre médecin du 16e siècle.

La suite n'est là que pour vous donner un aperçu, étant donné que des indications et posologies ne manquent pas de diversité dans les manuels de simples:

La consoude contient de l'allantoïne, substance qui, stimulant la multiplication cellulaire, accélère la guérison.  La racine du mot Symphytum vient du grec alors que celle de consoude est d'origine latine, signifiant pareillement "qui favorise la cicatrisation" . ( Grec: Syumphuo;Anglais du moyen-âge: comferi, comfri; vieux français: cumfirie; latin: conferva, confervere).

Grâce aux propriétés hémostatiques, antiseptiques, régénérantes, on ne soigne pas moins que:

On soigne les troubles de la peau  et on hâte la cicatrisation des plaies et fractures par l'activation de la régénerescence cellulaire avec des cataplasmes en externe. Pour l'usage interne, on se sert de la tisane (french tea), de la teinture ou de l'introduction alimentaire (voir chapître suivant).

Voici quelques façons de faire glanées dans les livres:

Pour les soins de la peau on utilise aussi l'infusion des feuilles pour le bain. Des masques peuvent être réalisés en s'inspirant des cataplasmes.

Suivant le cas, on utilise l'infusion prolongée des racines, par exemple dans le traitement des brûlures et des crevasses du mamelon. On l'associe parfois à d'autres plantes comme l'aloe vera.. Toutes les variations sur le thème sont permises et ont été utilisées.

La recette traditionnelle du thé de consoude, qui est en fait une infusion (ou une décoction), s'obtient avec 6 grandes feuilles par litre d'eau. Laisser refroidir et filtrer. Le thé se conserverait  une semaine dans un bocal hermétique au frais. On en boit 2 à 3 tasses par jour (matin et soir). C'est le remède des usages internes tant décrié, mais qui a aidé un nombre incommensurable de personnes depuis  deux millénaires au moins. La décoction ne permet pas une extraction supplémentaire d'allantoïne. Seule la teinture alcoolique permet une extraction double. Remplacer la tisane par 2 à 4 ml de teinture. Les tiges, nervures contiennent plus d'allantoïne que les limbes.  Le thé peut être réalisé avec des feuilles fraîches ou séchées. Pour 4 tasses (600ml) utiliser 2 à 4 cuillerées à thé bien tassées (4 à 8 g.)La consoude est souvent utilisée en mélange et les amateurs anglais l'ont tout simplement associée à leur thé national, ce qui est, paraît-il, un mélange heureux et apprécié.

Le jus frais extrait avec un appareil se conserve 2 jours au plus. Ce dernier est plutôt utilisé pour soulager certaines douleurs arthritiques et semble amener un relâchement musculaire. (arthrite, goutte, arthrose, articulations douloureuses, névralgies musculaires, crampes, asthme). Une manière plus simple consiste à mixer des feuilles dans un peu d'eau, puis filtrer.

Elle a une action sur le système nerveux central et procure un sentiment de bien être et de relaxation propre à soulager les tensions.

Elle est utilisée en cas d'asthme.

La consoude est également adoucissante, émolliante, expectorante, propre à calmer la toux. On l'a utilisée pour les refroidissements et congestions pulmonaires,bronchites, pneumonies, pleurésies, emphysème, tuberculose.

Utilisée pour les désordres glandulaires, elle régularise le taux de sucre.

Elle aurait  une action anticancéreuse: Le Dr Charles Mac Allister reporte des guérisons foudroyantes de sarcome grâce au cataplasme de racines.

Par ailleurs elle purifie le sang, aide les anémiés et soigne les troubles des reins, du foie, de la bile et est indiquée pour les thrombo-phlébites.

J'allais oublier les propriétés rafraîchissantes, toniques (en cas de fatigue) et laxatives!

La vitamine B12 se trouve habituellement fournie par la flore intestinale mais se trouve également dans le sol grâce aux bactéries, levures et autres champignons. S'il fallait nourrir un individu carencé, il lui faudrait ingurgiter près de 2 kg de consoude par jour... Les végétariens qui seraient sujets à des carences (inflammations de la langue) l'ont utilisé en complément alimentaire. La vitamine B12 se concentrerait surtout dans les sommités fleuries.

La consoude est (était) commercialisée sous forme de racines ou feuilles séchées, poudre de racine, farine de feuilles, gélules, en teinture, pommades, baumes et lotions. .. Elle rentre dans la composition de spécialités cosmétiques et phytothérapeutiques.

L'usage des baumes s'ils sont de fabrication maison ne peuvent pas toujours être conservés longtemps. La casse des protéines, puis des développements bactériologiques peuvent s'en suivre. A ne pas utiliser sur des plaies.

Comme excipient, on a utilisé du saindoux , mais de l'huile d'olive mélangée avec de la cire d'abeille donne une agréable consistance (300 à 350 g de racines pour 1 litre d'huile). Une petite cuiller de teinture de benjoin (pharmacie) peut être ajoué pour parfumer et surtout éviter le rancissement. Ou alors on peut réaliser une espèce de baume du tigre en y ajoutant des huilles essentielles (camphre, eucalyptus, menthe, romarin, thym, clou de girofle, ...)

En chauffant les racines fraiches, ont obtient une boule gluante très consistante et impossible à diluer si l'on remue. Couper Les racines en petites rondelles fines (couteau économe) et ne pas remuer. Laisser refroidir et réchauffer le lendemain pour enlever les racines.

Cet inventaire non exhaustif est donné à titre indicatif pour permettre un aperçu de la diversité des vertus attribuées à la consoude et ne peuvent engager ma responsabilité, l'homme de l'art étant le seul apte à prescrire. Il faut cependant comprendre que tout remède, aussi naturel qu'il soit, ne réglera définitivement aucun désordre si l'on ne redresse pas la cause profonde du mal (souvent une cause alimentaire ou psychologique).

Les vertus thérapeutiques ne se sont limitées à l'homme, mais ont été largement utilisées dans l'élevage et pour les animaux domestiques comme les chiens...

Retour à l'accueil

Haut de page


Sentiments et avis partagés

Qui est mort? Qui a été malade? Combien?  Où?

Il est bizarre que l'expérience et la pratique deux fois millénaires soient subitement contredites par des expérimentations (et parfois aussi des non-expérimentations, c'est tellement facile!)  et observations affolantes en cascade. Tout paysan qui tue sa bête sait reconnaître un foie nécrosé. Il est étonnant que l'on n' ait jamais fait la moindre observation alors que la consoude a été utilisée comme fourrage de façon très soutenue à certaines époques. Cherchez l'erreur disent de nombreux amateurs de méthodes naturelles  et consommateurs de consoude qui trouvent le morceau un peu gros à avaler et qui persistent à croire que les propriété en faveur d'une bonne santé sont nettement supérieures à une quelconque toxicité.

Et ils ont quelques arguments qui les motivent:

  1. La teneur en alcaloïde est relativement faible dans les feuilles de consoude officinale.
  2. Les rats utilisés pour démontrer la nuisance hépatique et l'apparition d'adénomes hépatiques et rénaux ont été exclusivement nourris de Consoude. (quelle variété?) pendant 180 jours. D'autres ont été nourris avec des dérivés et extraits de consoude (?!) Les cas de décès ont été observés avec des gélules.
  3. Culvenor a fait remarquer que la teneur de cet alcaloïde avait été mal reportée, transformant des pour mille en % marquant ainsi les esprits d'une concentration dix fois plus élevée comme c'est déjà arrivé pour la concentration en fer des épinards qui n'en contiennent pas plus que d'autres légumes. Dieu sait que la légende persiste.
  4. Hills affirme que les alcaloïdes sont détruits en grande partie par la cuisson. A vérifier.
  5. Toutes les plantes comestibles et médecinales  contiennent leur petite dose d'alcaloïdes (ex: la laitue, les tomates, les pommes de terre, les aubergines, poivrons...)  Doit-on rappeler que la plupart des simples efficaces contiennent des alcaloïdes et que bien des effets thérapeutiques sont directement liés à leur présence ? Vont-elles toutes être bannies et éradiquées?
  6. Les recherches sont-elles menées avec impartialité ou s'acharne-t-on à vouloir prouver par tous moyens des idées tendancieuses? Il est vrai que trop souvent, les recherches et surtout les interprétations, d'ailleurs financées par les industries, ont tendance à suivre la trajectoire de la rémunération donc de l'intéressement du commanditaire. Il se trouve de nombreux avis plus enclins à croire que ce mouvement n'est pas tant motivé par la protection du public que par l'inclinaison des industriels pharmaceutiques à obtenir le contrôle total des remèdes naturels. Déjà les compotes de pommes maison étaient-elles devenues moins sûres que les petits pots pour bébé... et les produits biologiques moins bons pour la santé que les produits industriels surveillés! (sic)Voir les magazines de 1999. En France, l'herboristerie est depuis longtemps sous le contrôle des pharmaciens et, à en juger les résultats, on ne peut que se douter de l'orientation de cette motivation américaine. La France sert d'ailleurs de modèle d'inquisition thérapeutique.

Stratégiquement, pour pouvoir marquer les esprits populaires, la consoude a été le meilleur choix dans cette politique de disqualification  et de confiscation. Elle fait partie des huit plantes médicinales les plus consommées au monde et a la fâcheuse propriété de se trouver partout gratuitement!

"Que la consoude contienne des alcaloïdes n'est pas un scoop, qu'on l'utilise aujourd'hui médiatiquement pour soigner le portefeuille des industriels est par contre une nouvelle indication à ajouter à la longue liste précédente!"

Dissoudre la concurrence "déloyable" de la généreuse Nature requalifiée de dangereuse permet d'obtenir à la fois l'exclusivité de l'exploitation et facilite la substitution par des produits artificiels exclusifs.

Une nouvelle tendance apparaît qui vise à patenter le naturel gratuit et qui n'est pas sans relation avec la nouvelle industrie du génie génitique. L'original discrédité pourra être génétiquement corrigé et dynamisé. Malins sont les profiteurs réinventeurs-correcteurs de la nature: le marché exclusif sera enfin définitivement profitable.

Nous sommes tributaires du bon vouloir d'une étude plus approfondie et neutre, et dans l'idéal surveillée par des consommateurs avertis. Dans l'attente d'y voir plus clair,  il convient d'utiliser la consoude de façon raisonnée - suivant les conseils par exemple des instances sanitaires allemandes qui me semblent à la fois prudentes et raisonnables* - selon les besoins thérapeutiques, l'écarter de l'alimentation ordinaire et la déconseiller aux enfants, femmes enceintes ou allaitantes. Ce serait dommage de se priver de tant de vertus de la consoude officinale.

* 4 à 6 semaines par an en usage externe ; thé de feuilles de consoude en interne -ou 2 à 4 ml de teinture- 3 fois par jour pendant 1 mois par an.

Retour à l'accueil

Haut de page


Plante fourragère

La consoude a été utilisée  comme plante fourragère, bien que délaissée aujourd'hui. Il est plus facile de se procurer des composés industriels, par ailleurs la consoude nécessite de la main d'oeuvre et de la surface.  Elle a connu sa période faste au 19è siècle, jusque vers 1885, notamment en Angleterre, Rhodésie), car de sérieux espoirs étaient fondés sur elle au vu de sa composition: record de production de protéines par unité de surface. Son obtention facile sur la ferme à moindre coût, ses propriétés cicatrisantes (inflammations de la bouche: vitamine B12) et autres vertus médicinales avaient beaucoup séduit les éleveurs. C'est la source de vitamine A la moins onéreuse pour cet usage. Donnée en général en complément et à volonté, elle permet de réduire les autres rations alimentaires.

La teneur en protéines est supérieure ou égale à celle de bien des légumineuses fourragères. La Bocking 14 en contient davantage encore: 3.5% au lieu de 2.5% du poids frais, mais sa haute teneur en potasse rend sa consommation parfois désagréable pour le bétail (lapin surtout). L'hybride Bocking 4,  sélectionné pour ses qualités fourragères, (quasi introuvable!) ne présente pas cet inconvénient.


matière sèche
%
protéines
%
cellulose
%
matières vertes digestibles
%
unités fourragères
par kg
consoude fraîche
11,5
2,5
1,7
0,9
0,07
foin de consoude
85
20,7
11,5
8,5
0,51


En 1811, la consoude hérissée (prickly comfrey) a été importée du Caucase pour être utilisée comme plante fourragère. En raison de sa rudesse, la consoude hérissée ne confère pas la meilleure appétance, surtout fraîche.  C'est à cause de ces refus que la réputation de mauvaise qualité fourragère colle à la peau de la Consoude de Russie. A  l'époque déjà la consoude servait de bouteille d'encre. Certains jugeaient que cette plante ne pouvait servir à rien d'autre que de mauvaise herbe acceptable dans les coins abandonnés où ne poussait rien d'autre!

En pratique, la consoude est rude si elle est gorgée d'eau. Ses spicules en silice sont alors bien hérissées, mais dès que la plante fâne, ils se couchent, et le contact devient bien plus agréable. Les bêtes aussi sont sensible à cela, et c'est à cela qu'il faut penser d'abord: les laisser faner. Puis on les coupera en petits morceaux. L'appétance est variable selon les espèces de consoude, selon les types d'animaux. Pour les racines, pas de probnlème, les porcs en sont frainds, et d'ailleurs c'est le moyen le plus efficace et économe, à condition d'en avoir un élevage, pour éradiquer la moindre portion de racine. Si vous êtes envahis, il vous reste à adopter un sympathique copain raose!

Des hectares de consoude ont été cultivés à cet effet dans plusieurs pays (Angleterre, Rhodésie, Kenya) à la plus grande satisfaction des éleveurs. La haute teneur en protéines et la faible teneur en cellulose (fibres) la destinait avant tout à la volaille et aux porcs. Elle a mis au meilleur de leur forme les chevaux de course dans les meilleurs haras anglais. Elle convient moins bien en fourrage sec. Porc, mouton, volaille l'acceptent plutôt bien. Elle doit être servie hachée. Ou alors séchée et réduite en poudre, à mélanger avec des pâtées. Bovins, lapins ont besoin d'une période d'adaptation et le cheval l'accepte à défaut de mieux, diront les mauvaises langues, préférant Bocking 14 (à vérifier!). Pour les bovins, chevaux, chèvres, un complément de fibres est absolument nécessaire. Pour la volaille, au contraire, la pauvreté en cellulose est un grand avantage. 

Pour être envisagée comme plante fourragère rentable, la consoude doit être cultivée, entretenue, avec une forte fumure azotée. Elle supporte directement les engrais azotés les plus forts et caustiques comme les fumiers de volaille ou de pigeons. Mais surtout, elle doit être fanée puis hachée (d'autant plus finement que les animaux sont jeunes). Ainsi les poules, friandes de consoude servies de cette façon,  picorent à peine les feuilles les plus âgées quand elle est sur pied, préférant gratter entre les plants. Cette dernière observation concerne la Bocking 14, poiur le service de désherbage qu'elles pouvaient fournir gracieusement. Les poules s'attaquant très volontiers à la Bocking 4, même sur pied, il est déconseillé d'installer le poulailler mobile dans cette culture précise! Cela montre que les détraqueurs n'ont pas cherché à entrer dans le détail. Avaient-ils déjà à l'époque de "bonnes" raisons à discréditer la consoude?  Il est vrai que la consoude a hérité d'une méconnaissance récurrente, et que sans être averti, en cultivant la mauvaise espèce, on va devant les pires désillusions. Les conseillers agricoles, pas mieux informés, ont verrouillé la question.

En ensilage, elle est précieuse du fait de sa teneur en protéine, mais malheureusement, en raison de sa faible teneur en fibres, il faut bien connaître le secret de cet art, et procéder àn un dosage correct, et compléter avec beaucoup de matériau riche en fibres.

Le foin de consoude est un peu délicat à obtenir, surtout en climat humide, mais il existe des astuces pour éviter les déboires et  détaillés par Hills dans son 1er livre (en 1954).

La consoude hérissée est à déconseiller à cause de sa haute concentration en alcaloïdes. La consoude officinale contient beaucoup moins d'alcaloïdes, mais sa fragilité (rouille) et son fréquent faible rendement n'en font pas une plante intéressante du point de vue rentabilité économique. La consoude de Russie a une teneur en alcaloïdes intermédiaire, variable suivant les hybrides. Pour une plante qui a été utilisée aussi massivement comme plante fourragère, il est étonnant qu'aucune observation n'ait été faite quant à une atrophie hépatique ou des cancers (même si ce mot n'était pas utilisé). Les éleveurs de toutes les époques n'auraient pas manqué de le constater! Au contraire, l'usage de la consoude a permis à des fermiers de s'enrichir en achetant à bon compte des bêtes affectées de certaines maladies facilement curables par la consoude. Les aliments composés et concentrés utilisés pour forcer la production laitière rendaient parfois les vaches stériles. Une diète de consoude corrigeait ce problème sans doute en raison de la présence de vitamine E et d'allantoïne. La consoude permettait d'obtenir de la viande ou des oeufs de meilleure qualité, des animaux plus robustes avec une croissance  plus rapide, mieux prisés. La consoude était un secret des distinctions agricoles et des champions de course de cheval. 

Il serait à la portée de n'importe quel éleveur de petits animaux  de vérifier à petite échelle les accusations portées au chef de la consoude. Avis aux amateurs désirant apporter leur contribution.

La vitamine B12 est  présente normalement grâce à la flore intestinale qui pourvoit aux besoins. Si la flore est perturbée, des carences peuvent apparaître. Un éleveuse de chinchillas avait constaté que ses protégés (destinés à la fourrure) arrêtaient de manger leur propres excréments grâce à une consommation de quelques cm² de feuilles de consoude (corrigeant la carence en B12)

Dans un zoo anglais, on a cultivé 2.5 ha de consoude pour nourrir les éléphants (50 kg/jour/ éléphant), hippopotames, girafes... Si jamais vous gagnez l'une de ces bestioles à un concours, vous savez ce qu'il vous reste à faire... L'histoire ne dit pas s'ils sont malades, mais vous pourrez en avoir le coeur net!

Retour à l'accueil

Haut de page


Consommation humaine

La consommation humaine de la consoude (jeunes pousses, racines) est possible, mais non traditionnelle (pain, potage...) De plus, ce mets n'est pas, paraît-il, une merveille de la gastronomie! Quoique les amateurs ne manquent pas à en croire la littérature américaine, et leur imagination est fertile. La consoude a été recherchée par les végétaliens carencés en vitamine B12 (langue enflammée) qui est généralement fournie par les oeufs, laitages, viande. Ces consommations ont plus souvent une connotation thérapeutique que gastronomique.  Je veux bien l'avis des cuisiniers.

On ne s'étonnera pas que l'on s'abstienne de manger les racines... celles-ci gardent par ailleurs leur consistance épaisse et collante, et sont fades.

Les feuilles ont été utilisées comme des épinards, additionnées éventuellemnt de lait, oignons, pommes de terre et oeufs.

Ont peut les faire revenir dans la graisse, mais on peut aussi simplement les faire frire directement dans une poêle après les avoir rincées.(10 mn sur feu doux et avec couvercle). Le goût rappelle l'endive et l'asperge.

Les beignets de feuilles sont appelées "soles végétales" en raison de leur forme et de leur goût qui rapelle le poisson (tout comme la macération dans l'huile).
C'est la manière la plus fréquente pour accomoder ce légume insolite.


...avec  de la confiture de prunes.

La ciboulette des omelettes peut être remplacée par des feuilles finement hachées.

La consoude donnerait un goût exquis aux quiches.

Dans les soupes ont peut associer entre autres feuilles de consoude et d'ortie desquelles on aura enlevé les tiges.

En gratin, alterner des couches de riz, de consoude étuvée et de fromage.

Le soufflé à la consoude se prépare avec des feuilles étuvées ou de la farine de consoude.

La farine de consoude a été commercialisée, et ajoutée partout où c'est possible (ex:  parfumer les cakes). Cette farine est rajoutée au dernier moment, car elle a tendance à prendre, avec de l'eau très chaude, une consistance épaisse, gluante et peu appétissante.

Les pousses blanchies sont utilisées comme des asperges.

Un chutney de racines se confectionne avec des pommes, de la purée de tomate, du vinaigre de cidre.

La racine pelée peut se retrouver dans la marmelade, la soupe  et sa farine se prête à tout ...

On peut confectionner des vins de consoude en faisant fermenter du thé de feuilles de consoude avec du sucre et du jus de citron.

Très populaire aux USA, paraît-il, fût cette boisson rafraichissante au goût assez neutre: mixer les feuilles dans de l'eau, puis tamiser.

Cette boisson était souvent coupée avec des mix de bananes ou d'autres fruits. Additionné à 25 % de vodka, une dame de Seattle inventa le Vodfrey!

La racines ont parfois été torréfiées avec celles de la chicorée pour le substitut de café.

Les curieux trouveront dans certains livres végétariens récents ou anciens l'une ou l'autre recette complémentaire si l'eau ne vous est pas encore venue à la bouche...

En raison de l'incertitude pesant sur la nocivité de la consoude, il vaut mieux s'abstenir de faire entrer de façon massive la plante dans la diète. Il semble que les alcaloïdes sont thermosensibles et sujets à des réactions chimiques qui leur enlèveraient la nocivité (oxydation). Néanmoins, s'il reste raisonnable, de l'avis de beaucoup d'inconditionnels ou pas, de consommer des feuilles de consoude occasionnellement, c'est la Consoude Officinale qu'il faudra utiliser.

Attention à ne pas confondre avec la digitale quand les plantes ne sont pas fleuries! Il paraît que cela est arrivé ( notamment dans des préparations vendues en pharmacie).

Retour à l'accueil

Haut de page


Dernière mise à jour:  12 juin 2013
Copyright 2002-2013, Denis TEMPÉ
http://det68.free.fr
Courriel:  det68.consoude (chez) gmail.com